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Ouverture D'un Club


Joueurs et clubs : présentation    3 réponses

Guest, 12-11-2004, 20:56


Salut, je vous informe qu'un club de W40K à ouvert ses portes à <i>Sandillon </i>près d'Orléans.


<b>Prochaine rencontre : 20/11/04</b>


...Et tout les autres 2e Samedis de chaque mois !!!


Venez nombreux


<b>contact : warhammer-sandillon@voilà.fr</b>


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Ma Gurine Leur A Pas Plu


Récits et Poésies    11 réponses

Xavier, 10-11-2004, 14:45


Sur l'air de l'indétrônablement meilleure chanson de Renaud dont le décès il y a 15 ans laisse irrémédiablement un vide dans la chanson française.


***


J'avais peint une figurine


Une vraie perle, un truc de pro


Avec du bleu ultramarine


A pleurer comme c'était beau


C'était pas vraiment mon style


Je m'suis dit "j'vais la placer


ça d'vrait pas êt' difficile


Y'a d'la d'mande dans c'métier."


Ye-yeh.


J'ai rencontré Tammy Haye


A Boston pendant l'Games Day


J'lui ai dit : "Regarde ma vieille !


C'est la classe ! Un truc pareil.


J'ai peint ça hier soir chez moi


J'y ai mis tout mon talent


Et tout seul avec mes p'tits doigts


J'ai fait un truc de géant.


C'est un sergent space marine


Qui est pote avec Calgar


Et qui s'est battu sur Yavin


C'est dire qu'c'est pas un tocard.


Voilà ma gurine mon pote


Si t'en veux pas, pas d'malaise


Je la r'mets dans ma culotte


Mais tu sais pas c'que tu perds."


Ma gurine lui a pas plu...


N'en parlons plus.


J'ai fait un aut' diorama


Un truc encore plus super


Avec un pinceau en pure soie


Avec une conversion d'enfer


Mais il correspondait pas trop


A mon image à mon créneau


Un peu comme si Jen Halley


Peignait avec un balai.


Lè-lè-lèh.


J'ai rencontré Abati


Un soir assis au bistrot


Dans une petite rue de Paris


J'lui ai fait mater mon dio'.


"ça s'passe sur Armageddon


Y'a Lucius qui s'fait flinguer


Par un gretch qu'a un tromblon


Par un grot très singulier


Il était pas vraiment mort


Il était blessé seulement


Lucius, il est vach'ment fort


C'est un marine ! Pas un marrant.


Voilà toute l'histoire mon pote


Si t'en veux pas, pas d'problème


Je la r'mets dans ma culotte


Allez va, dis moi qu'tu l'aimes."


Ma gurine lui a pas plu...


N'en parlons plus.


J'suis r'tourné à mon bureau


Et à tous mes pots d'peinture


J'ai empoigné mon pinceau


J'ai fait une fig en or pur.


J'lai montrée à deux trois potes


Ils m'ont dit : "c'est pas pour toi.


Sûr que ta gurine nous botte


Mais un conseil : oublie la."


La-la-la.


Alors j'ai rencontré Goatman


Adossé contre l'podium


J'ai dit "Zugrub casse des crânes !


Ansi l'diorama se nomme.


Et c'est l'histoire d'un chef ork


Qu'est armé d'un bolter lourd


Qui s'bat au nom du grand Gork


Pour fout' les salmeks au four.


Il veut flinguer les Bad Moons


Et les goffs, et les Deathskulls


Régner sur tout Zugrubtown


Et casser la tête à Ghazghkull.


Voilà mon histoire mon pote


Si t'en veux pas, pas d'lezard


Je la r'mets dans ma culotte


Et je r'tourne au Bugman's bar."


Mes gurines lui ont pas plu...


N'en parlons plus.


Alors je m'suis dit "basta !


Je fais plus qu'des figs pour moi."


J'm'en suis peint quequ'z'unes aussi sec


Qui racontent l'histoire d'un mec


Amoureux de sa mitrailleuse


Mais leur amour est impossible


Elle aime une épée tronçonneuse


Qu'est d'une jalousie terrible.


Horrible.


A la fin le mec il meurt


En prenant un bolt de trop,


La mitrailleuse se suicide


En s'enrayant à l'assaut


La tronçonneuse va à la ferraille


Elle qui s'croyait en acier


Et c'est cette scène de bataille


Qu'narre mon diorama pas gai.


Pis si il vous a pas plu


Vous savez où j'me le mets


D't'façons il s'ra pas foutu


Il s'ra au chaud, bien logé


Parce que maint'nant ma culotte


J'vais t'dire : c'est une vrai galerie


Va sur eBay


Et r'garde les prix


Y'en a une sur


Cool-mi-niiiii.


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Coordonnées Stellaires


40k - Background    1 réponses

Grey_wolf-XIII, 03-11-2004, 23:29


Ca manquait sur Taran :


COORDONNEES STELLAIRES


Les coordonnées stellaires sont, à Rogue Trader, les mêmes qu’actuellement : la latitude et la longitude galactique.


La longitude galactique est l’angle formé par le trio astre-Terre-centre galactique, et la latitude galactique entre le plan galactique et l’astre. Voici le dessin de Rogue Trader, très simplifié (le « Galactic Dimensions » peut laisser supposer qu’au lieu de la lattitude, on ait des distance, respectivement la distance au centre et la distance (positive ou négative) au plan galactique) :


[Image: Galaxy.JPG]


Et en voici un moderne, pour être plus clair :


[Image: Galaxy%202.jpg]


***


Et, en cadeau, les cartes des extensions des empires à Rogue Trader!


L'Imperium


[Image: Imperium.JPG]


Je ne sais pas trop : si c'est les Orks, c'est un peu petit, si c'est juste l'Empire de Snagrod l'Arch-Incendiaire, c'est un peu grand :


[Image: Orks.JPG]


Les Slanns, qui dirigent encore l'univers apparemment.


[Image: Slanns.JPG]


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Question Con


40k - Background    13 réponses

magos sentes, 03-11-2004, 15:04


Hello


Il y a une chose qui me travaille depuis que je l’ai remarquée, pourquoi l’aigle bicéphale de Warhammer 40K n’a-t-il qu’un œil ? si si je vous assure !! regardez bien !! c’est vraiment con comme truc mais ça m’obsède.


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Peindre Les Yeux...


Aide, Tutos, Impression 3D    Pas de réponse

Guest, 31-10-2004, 16:51


Vous auriez pas des trucs por peindre les yeux ???


- Boah, c'est pas "si dur" que ca, il suffit d'avoir un pinceau très petit (genre fine detail brush), tu peinds tout l'oeil en blanc et tu faut un genre d'amende noire, si possible bien centrée.


Tu peux aussi peindre tout l'oeil en noir, repeindre l'interieur de l'oeil en blanc (afin d'avoir le contour fait) et tu fait ta pupille.


- Bah ya la tech du marqueur, hein, tu prends un genre de stabilo a encre liquide et qui sèche vite (velleda) tu faut ton oeil en blanc et hop un pti point!


Evite le cure dent, la peinture risque de pas aimer et tu va faire apparaitre du métal.


- le plus difficile avec les yeux c'est qu'il faut en faire deux;-)


et oui, faire un oeil en général ca va, mais deux c'est louche (ahah, pardon).


Donc tu cale bien ta fig, tu poses tes bras sur la table pour pas trembler, te fait le fond en blanc. ensuite tu prends de la peinture convenablement diluée, cad qui ne sort pas directement du pot. Tu mets un pointe de noir au milieu. Ensuite tu refait pareil avec l'autre oeil.


et la tu paufine avec le blanc tu arondis ta pupille. Il faut faire attention a coriger les défauts de paralaxes entre les deux yeux maintenant par que si il louche ca se voit tout de suite et sa choque. Une fois que c'est fait, tu prends un peut d'encre et tu encre (ca tombe bien non?) le tour de ton oeil. Ce qu'il faut éviter c'est de faire écarquiller les yeux, ce qui arrive souvent parce qu'on veux faire un rond noir au milieu de l'oeil. Mais si on regarde un oeil, ce n'est pas le cas, la paupière "mange" la pupille en haut et en bas.


Voila, avec une petit eclaircissement sur les paupières, ca doit etre bon.


1- Tu t'achètes un pinceau de bonnne qualité (Raphaël ?) de taille 000 en martre.


Le plus important est la <b>forme de la pointe</b>. Tu peux prendre un pinceau plus gros si la pointe est parfaite ;


2- Tu peints les yeux entièrement en noir (si, si !) et tu attends que ça sèche ;


3- Tu appliques le fonds blanc en laissant apparaitre une très fine ligne de noir tout autour : c'est plus facile avec une visière binoculaire d'électronicien ;


4- Une fois le blanc bien sec, tu trempes la pointe de ton pinceau dans de la peinture <b>diluée</b> de la couleur de la pupille. Elle doit être diluée pour bien s'écouler par la pointe fine de ton pinceau sans sécher sur celui-ci.


5- Si tu es droitier, <b>commences par l'oeil gauche </b>! C'est le plus difficile à faire et tu feras l'oeil droit en fonction de la position du gauche pour éviter que la figurine ne louche. Si tu es gaucher, commences par l'oeil droit ;


6- Si un oeil est raté, un coup de blanc refera un fond net ;


7- Sur une grosse figurine, tu peux te permettre de peindre un iris noir au milieu, mais ce n'est pas nécessaire sur les figurines de taille normale.


- Question pinceau, je te conseille de prendre un raphael, en martre, taille 0.


Tu peux t'amuser à prendre des plus fins (000) mais ça ne te servira à rien, sinon à les user plus vite. Préfères une pointe courte à une pointe longue, plus facile à maitriser, à mon avis.


Nettoies le très souvent, et vraiment méticuleusement à la fin d'une séance de peinture et remets lui son capuchon de protection.


Une fois qu'il a perdu des poils et que la pointe n'est plus aiguisée, c'est plus la peine d'essayer faire quoi que ce soit avec, fous le dans un coin et achètes en un autre. C'est fondamental: pas de belle figurine sans un pinceau parfait.


- Si ça peut aider : peindre les yeux plus facilement avec Tirli. ^^


C'est une aide pour les débutants qui en ont marre de foirer la peinture d'un visage en ratant les yeux, alors qu'il faut commencer par les faire.


<b>Sujet compilé dans la section "Articles" du site de Warmania à ce lien:</b>


http://www.warmania.com/articles/peinture/...les-yeux-2.html


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Encore Plus Fort!


40k - Background    Pas de réponse

Grey_wolf-XIII, 31-10-2004, 02:34


Des shuriken/railguns! Avec vidéos!


http://www.powerlabs.org/railgun.htm


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Les Aventures De Zugrub Oomifrind


Récits et Poésies    3 réponses

Xavier, 31-10-2004, 00:52


Sur l'air de deux des plus formidables chansons de Renaud (regretté chanteur français de grand talent mort il y a une quinzaine d'années maintenant.)


*****


"Les aventures de Zugrub Oomifrind"


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Tadadin !


Ta-tadadiin !


Au quarantième millénaire


Dans le cosmos où qu'il fait nuit


L'espace sidéral est désert


Le grand Zugrub rentre chez lui.


Dans le lointain les barges de bataille vont sans bruit.


ça y est j'ai planté le décor


Créé l'climat de ma chanson


ça sent la peur, ça pue la mort


J'aime bien c't'ambiance, pas vous ? Ah bon.


Voici l'intrigue proprement dite


Voici l'histoire d'Armageddon


Le Kosmik Stompa va très vite


Ses réacteurs crachent des protons.


Dans le lointain les salmeks meurent par wagons.


Lorsque soudain vient le malheur


A l'approche d'un système solaire


Y'a plus de jus dans le kroozer


Oomifrind de rage est tout vert


Tu d'vrais pas Zu-grub Oomifrind


Aller sur Aaaa-rmageddon


Tu d'vrai rester à Zugrubtown


Tuer les Bad Moons !


Ta-tadada-dadadiiin !


Il coupe toute la mécanique


S'asseoit au sol et réfléchit


Sur ces planètes désertiques


Y a pas un seul mekboy ami.


Dans le lointain passent des vaisseaux de beekies gris.


"Qu'est-ce que j'vais faire dans c'coin miteux


J'vais quand même pas rentrer à pieds."


Plus il s'agoisse moins ça va mieux


Quand soudain lui vient une idée :


"J'vais siphonner deux trois mille litres


Dans l'réservoir de ce Space Hulk.


Pis après j'y casse toutes les vitres


Comme ça gratuitement par plaisir.


Faut bien qu'j'me défoule un p'tit peu


Chuis énervé."


Une fois son forfait perpétré


Zugrub essaie d'redémarrer


Mais le Stompa veut pas bouger


C'est p'têt' l'Emp'reur qui s'est vengé.


Tu d'vrais pas Zu-grub Oomifrind


Aller sur Aaaa-rmageddon


Tu d'vrai rester à Zugrubtown


Boire deeees caaa-nooons !


Ta-tadada-tadadiiin !


Alors pendant une demi-heure


Dans le moteur il tripatouille


Il est crevé il est en sueur


Il a du cambouis jusqu'aux coudes.


Dans le lointain y a une baston comme d'habitude.


A c'moment un vaisseau arrive


Un scout space marine monte à bord


Et qui lui dit, comme dans les livres


"S'te plait dessine un mouton mort


Une soeur de baaa-taille, un calibre


Un couteau, une armure Mark 7.


Tout c'que tu veux, mon pote, t'es libre


Mais dessine moi quequ'chose de chouette."


Dans le lointain il s'passe plus rien du moins i'm'semble.


Alors d'un coup d'crosse de bolter


Bien placé entre les deux yeux


Ta-ta-tiiin !


Zugrub Oomifrind perfore le coeur


Du petit scout de mes deux.


Faut pas gonfler Zugrub Oomifrind


Quand il répare son chouette vaisseau


C'est la morale de ma chanson


Moi j'trouve ça beau.


Pas vous ?


...


Ah bon.


Tadadiiiin !


Tadadiiiin !


*****


"Le retour de Zugrub Oomifrind"


-------------------------------------


Pas d'problème les Deathskulls sont tranquilles ce matin


Y s'pass'ra pas grand chose dans les rues d'Zugrubtown


Le Über-Diktator, le tueur de Bad Moons


Est parti pour Bezak flinguer quelques humains


Y va y avoir du sang, des tripes et d'la baston


Le bolter est chargé prêt à cracher du plomb


Y a un guerrier Blood Axe, la terreur des gretchins


Qui s'dirige vers Bezak, son nom c'est Oomifrind


Ta-ta-tin !


Zugrub c'est un héros, alors i' peut pas mourir


Avec lui, c'est l'retour de la grande aventure


Celle qui fait trembler, celle qui fait frémir


Dans la nuit, dans le vent et dans la froidure


Dur.


(C'est pas fini).


Au volant d'son buggy, à une vitesse folle


Il s'écoute Boltthrower qui passe à la radio


Musicalement il aime bien, euh, surtout les paroles


Quoique des fois il trouve qu'c'est pas assez intello


Par la p'tite meurtrière percée dans le blindage


Il voit la pluie qui tombe sur la plaine désertique


Il a perdu son ch'min au mileu du bocage


Et le v'là paumé dans une forêt maléfique.


Commence à s'énerver, perdr' du temps, il aime pas


Il avait un rencart, au bistrot, avec Gurgot


Le goff lui doit vingt dents, si Zugrub est pas là


C'est sûr, il va s'tirer en lui laissant la note.


Ta-ta-tiiin


(ça continue, attends.)


ça fait maintenant une plombe qu'il se perd dans la nuit


Voilà l'brouillard qui tombe, c'est normal, c'est l'hiver


Pour l'ambiance d'la chanson, faut des intempéries


Faut un climat sordide comme toujours à la guerre.


Ta-ta-tiiin


Dans la lueur des phares, tout à coup, soudainement,


'Voit passer une silhouette, sur le bord du sentier.


"Un salmek à crever !" se dit-il joyeusement,


"J'vais lui d'mander mon ch'min pis après j'vais l'buter."


Il arrête son buggy auprès d'un arbre en bois


Et à pieds, dans la nuit, sous la pluie qui ne cesse


S'enfonce dans la forêt, poursuivant la gozesse


'lle a des oreilles pointues, c'est un truc qui n'trompe pas.


Ta-ta-tiiin


(Arrête j'ai peur.)


Elle est jeune, elle est belle, avec son armure blanche


Son sabre énergétique et son pistolaser


"Par Gork !" se dit Zugrub. "Elle va m'tailler en tranches.


Mais chuis un guerrier ork et j'vais pas m'laisser faire."


Il imagine derrière le masque en moëlle spectrale


La tronche de la donzelle prête à pousser son cri.


Il attrape son bolter pour y loger une balle


Et son énorme hache qui crépite d'énergie.


Non ?


Si si.


"T'es moche, tu pues, alors pour toi ce s'ra dix sacs."


A ces mots Oomifrind flaira un peu l'arnaque


Il éclata la tête de cette créature


Et s'en fut dans la nuit vers d'autres aventures.


Ta-ta-tiin


C'est finiiii


La chansooon


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L’infection Genestealer


40k - Background    10 réponses

Patatovitch, 28-10-2004, 19:34


Je poste ici un petit texte que j'ai composé pour voir si mes collègues ont la même vision que moi de la chose suivante :


<b>Hop on édite</b>


L’INFECTION GENESTEALER


Se faire infecter par un genestealer est une chose qui arrive lorsqu’on traîne trop dans les space hulk et dans les endroits malfamés à la recherche de la gloire et de la fortune.


Qui peut infecter ?


Les genestealers (patriarches inclus), les hybrides de 1ere et 2eme génération et 50% des hybrides de troisième génération.


Les hybrides de 3ème génération peuvent aussi le faire par transfusion sanguine. Et si vous êtes une femme, ne couchez pas avec ceux de la 4 génération sans protection !


http://perso.wanadoo.fr/taran/tytystealers.htm


Comment cela ce passe ?


Les créatures sus-citées disposent d’une longue langue terminée par un ovipositeur et d’un regard hypnotique.


Une fois arrivé au contact de sa victime (lors d’une action de charge), le genestealer doit réussir un jet pour toucher sans bonus pour la charge (sauf si sa cible est inerte ou hypnotisée auquel cas la touche est automatique). S’il la touche, cette dernière, si elle est capable d’agir, à droit à un test d’initiative modifié de plus 10 par point d’armure sur la bouche (qui est en général égal au nombre de point sur la tête).


Si le test est réussi, la langue est évitée et le genestealer peut retenter la même action à sa phase active suivante.


Si le test est raté, le casque éventuel est ôté ou brisé et la langue pénètre dans la bouche de la victime pour un french kiss langoureux qui dure un tour entier. Le stealer ne fait rien d’autre durant ce temps et achève son œuvre même s’il est tué entre-temps.


Evidement, si la victime est endormie ou hypnotisée, l’infection ne peut échouer...


La victime sombre dans un coma profond pour 1D6+1 heures. Elle ne se rappèle plus du tout des 1D3 heures qui ont précédé son agression et n’en porte aucune séquelle. Elle est infectée…


Et alors, ça fait quoi ?


En fait, rien dans l’immédiat sinon 1D6 points de folie (des cauchemars terribles).


Les PJs peuvent agir comme bon leur semble.


Un seul détail : ils ont un malus de –30 à un éventuel test de FM pour résister à une tentative de séduction d’un membre du sexe opposé. De plus, ils ont soudainement envie de fonder une famille et d’avoir des enfants.


Pour les hommes, mettre enceinte une (ou des) femmes devient un objectif prioritaire. Mais cela peut tout à fait passer pour une obsession de cul très naturelle. De plus, ils pourraient avoir tendance à s’attacher, l’implant leur commandant de rester près de leur compagne pour protéger le futur hybride. S’ils restent à proximité de leurs compagnes, dès que l’hybride naît, ils sont est totalement asservis par leur enfant et ne disposent plus de leurs libres arbitres (donc le joueur doit rendre sa feuille de PJ au MJ).


Pour les femmes, elles tomberont automatiquement enceinte lors du prochain rapport (hétéro)sexuel (si, si). Même au stade fœtal, l’hybride détiendra sur sa psyché et elle refusera toute idée d’avortement. Dès que l’hybride naît, 9 mois plus tard, elle est totalement asservi par son enfant et ne dispose plus de son libre arbitre (donc le joueur doit rendre sa feuille de PJ au MJ)


Une fois un personnage infecté, aucun genestealer ou hybride ne lui fera du mal ou tentera de l’attaquer, ce qui ne l’empêche pas de continuer à combattre…


Généralement, si c’est possible (tous les survivants sont infectés), le stealer essayera de se faire emmener par l'infecté. Dans ce cas, inutile de dire aux PJs qu’ils apportent dans la soute de leur vaisseau un stealer… Ils le savent mais pas consciemment. Même s’il est en face d’eux, sa présence leur paraît si normale qu’ils ne le remarquent pas.


On peut guérir ?


Non. La castration/stérilisation peut être une solution mais l’individu y sera farouchement opposé (ce qui se comprend un peu).


L’hypnose :


Arrivé à moins de 12mètres (15cm ou 6 pouces à l’échelle des figurines), le stealer peut dépenser une de ces phases action pour hypnotiser sa victime. Il ne peut rien faire d’autre. Sa victime tente immédiatement un test de FM où est complètement paralysée à compter de la prochaine phase (il peut arriver que le genestealer soit tué et le personnage hypnotisé s’ils peuvent agir dans la même phase).


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La Voix Du Samouraï


Récits et Poésies    2 réponses

Guest, 27-10-2004, 22:55


La voie du Samouraï


Chapitre 1: Sous l'ombre du Yang-Tou.


Ma mère me disait souvent que lorsque la nuit tombait sur la vallée, les démons de la montagne descendaient dans les plaines et emportaient les enfants imprudents qui se risquaient dans l’obscurité. Pendant mon enfance, ce conte m’avait gardé à la maison quand le ciel au-dessus des Yang-Tou rougissait et que les bois prenaient une teinte indigo, mais ce soir je m’étais décidé à sortir pour aller voir partir mon père et les autres guerriers du Seigneur des Kedowara.


Le village où j’habitais était construit de petites fermes et de maisons de bois espacées les unes des autres par des champs de millet. Au dessus du village, je pouvais voir en sortant la colline escarpée sur laquelle se tenait la demeure du seigneur du clan: plusieurs étages de bois blanc, de poutres, de toits de tuiles et de panneaux de papiers posés sur un socle de pierre grise. Le château m’impressionnait toujours lorsque je le voyais; un jour, lors de la fête de Yangoun, le Dieu Rieur, j’avais pu gravir le chemin de pierre en lacet qui montait jusqu’au portes de bois noir. De là-haut, le regard dominait toute la vallée: au Nord, les cascades blanches des montagnes dévalaient les pentes boisées comme des fils d’argent et bondissaient sur les escarpements sombres, enfin elles se regroupaient dans un torrent violent qui contournait le village et les champs par l’Ouest puis tournait à l’Est au Sud du hameau.


C’était l’été, la chaleur du jour était tombée avec la nuit et une brise tiède et humide soufflait des montagnes, rendant ma peau moite. Ma mère triait des fruits et les mettait à sécher pour l’hiver, l’odeur de fumée du feu parvenait encore à mes narines lorsque je quittai le village en me dirigeant vers le grondement sourd du torrent. Je quittais les lumières jaunes du village, et plongeait dans l’obscurité de la nuit seulement contestée par la lueur pâle de Yakima, la plus grande des Jumelles.


Je comptais dire mes adieux à mon père lorsqu’il passerait le pont de pierre qui enjambait le fleuve en aval: en prenant le chemin des pêcheurs qui longeait les eaux bruyantes du torrent, j’arriverais avant eux qui prenaient la route contournant les dépressions humides où les moustiques pullulaient.


Mon cœur était resté serré jusqu’à maintenant par l’angoisse de voir mon père, guerrier du clan Kedowara, partir vers la capitale loin d’ici. Cela faisait quelques jours qu’il était resté à la caserne du château sans que je puisses le voir et c’est ma mère qui m’avait appris la nouvelle: il allait escorter le vieux seigneur du clan qui se rendait à la fête d’anniversaire du Seigneur de Guerre, à Tagoshima, la cité impériale: il serait absent longtemps.


Si j'allais jusqu'au pont, mon père verrait que j’étais brave et que j’étais digne d’être un guerrier comme lui. Je rêvais de devenir un guerrier, c’était pour moi le but le plus noble que je puisse avoir; cependant, je n’en étais qu’à ma treizième année et mes cousins plus âgés porteraient avant moi la coiffe des combattants et mon apprentissage des armes serait sûrement écarté au profit de celui du dogme : selon la tradition, c’était mon grand-père qui décidait de l’avenir de ses petits-fils et il ne désirait pas en voir trop d’entre eux entrer dans la classe des guerriers.


Je pensais être celui qui connaissait le mieux les bords de la rivière et en tirait une certaine fierté : je courrais vite dans les hautes herbes et j’évitais tous les trous sombres remplis d’eau stagnante. La fraîcheur de la nuit m’environnait et la course me procurait un sentiment de liberté sans borne : je riais dans l’obscurité en pensant à la tête que ferais mon père en voyant son fils jaillir sur le chemin tel un démon des bois. Enfin, la courbe de la rivière tourna vers l’Ouest et j’aperçus le pont de pierre éclairé par des lampes de toiles vertes et bleues : les couleurs des Kedowara.


La troupe des soldats n’était pas encore là, mais le vent m’apportait la rumeur de sabots ferrés claquant sur la route. Je décidais de me cacher derrière un arbre près de la chaussée de pierre et d’attendre en écoutant. Ils arrivèrent rapidement à ma hauteur et les silhouettes des cavaliers se dévoilèrent à la lueur des lampes : Aucun d’eux ne portaient leurs casques et je pus facilement distinguer mon père des autres guerriers. Je sortis de ma cachette et apparus à ses côtés d’un bond. D’abord surpris, il se raidit et porta sa main au pommeau de son sabre, puis en entendant le son joyeux de ma voix, il se radoucit et m’invita à monter quelques instants avec lui car ils ne pouvaient s’arrêter pour moi. Il m’aida à monter sur le grand cheval et nous reprîmes notre place dans la colonne.


« Ta mère vas être furieuse quand tu reviendras à la maison. » dit-il non sans une teinte de reproche.


« Grand-mère sait que je suis ici. »


Mon père acquiesça en silence et je sus qu’il était fier de mon courage et de ma prévoyance.


« Serez vous longtemps absent, père ? » lui demandais-je.


« Le temps que Yakima redevienne dans le ciel exactement comme elle est ce soir. »


Je levais la tête et regardais l’astre pâle au dessus de nous, gravant sa forme dans ma mémoire. Mon père me fit plusieurs recommandations sur le travail que j'aurais à la maison et les responsabilités que j’aurais tant que lui et mes cousins seraient absents.


« Akio et Funio t’accompagnes ? » m’étonnais-je.


« Oui Enaï, mon fils, tes cousins ont tous deux l’âge de commencer leur véritable rôle en tant que guerrier Kedowara. Ce voyage sera leur première mission, et ce n’est pas une des moindres : avec tous les nobles importants réunis en un seul endroit, l’atmosphère risque d’être tendue au palais du Seigneur de guerre. Nous sommes sur le qui-vive et le resteront jusqu’au moment où nous repasseront les portes de Yung-Na. »


« C’est pour cela que le Seigneur a préféré partir de nuit si discrètement ? »


« Oui, il craint une attaque ou une filature, et il n’a pas tord. Moi-même, j’ai cru un instant à une attaque quand tu as surgit des arbres ; pourtant les chevaux ont senti ton odeur et n’ont pas bronché, cela aurait du m’avertir que tu n’étais pas un bandit. » se reprocha t-il. Un léger silence seulement troublé par le vent et les chevaux s’installa.


Assis devant lui, je me sentais dans l’endroit le plus sûr du monde et j’étais heureux de partir en voyage. Je ne voulais rien dire pour ne pas rompre le charme et j’eus bien voulu que son cheval ne s’arrête jamais pour me laisser redescendre.


« Veilles sur ta mère et sur les autres. Honores nos ancêtres et ils veilleront sur toi. »


Je le saluais respectueusement, la gorge légèrement nouée.


Puis le cheval s’ébroua et mon père disparut vers la torche du cavalier de queue.


Lorsqu’il passèrent derrière un épaulement et que leur lumière s’évanouit, je me retrouvais dans le noir le plus complet. J’attendis un instant que mes yeux s’acclimatent, puis je suivis la route dans l’autre sens.


Le retour fut morose et la nuit semblait avoir perdu sa saveur de liberté.


A mon retour, ma mère me gronda sévèrement en me menaçant avec les pincettes du feu; mais je m’y étais préparé et laissais passer l’orage : je savais qu’elle ne me tiendrait pas vraiment rigueur d’être aller dire au revoir à mon père. La maison, toujours chaude et accueillante comme les bras de ma mère, sentait la pêche et la prune. Sur le feu près d’un écran ouvert, une tarte finissait de cuire et mon appétit acheva de chasser mon affliction passagère due au départ de mon père.


Ma mère suivit mon regard et m’avertit :


« Celle-là est pour demain. Si tu as faim, il reste un peu de galette et il y a du miel dans le placard. »


Je grignotais un moment en pensant à la journée de demain. La moisson n’était pas terminée dans les champs et il y aurait du travail pour tout le monde dans la fraîcheur du matin, ensuite, aux heures chaudes, le prêtre du Dieu Sage instruirait les fils de guerriers sous le grand chêne près du torrent. Et enfin, lorsque le soleil baisserait, j’irais à la rivière pour pêcher avec les autres garçons ou alors nous ferions des parties de Jang, un jeu de stratégie avec des pions et des cases, si le temps était mauvais.


Je souhaitais bonne nuit à ma mère et j’allais m’étendre sur ma natte dehors sur un des balcon. Je m’endormis paisiblement en tentant de me souvenir d’un coup fameux que m’avais montré un jour mon grand-père.


Les journées chaudes de la fin d’été passaient avec une lenteur exaspérante. Chaque jour semblait copier le précédent et je me sentais enfermé dans une routine paisible et rassurante. Cependant, chaque soir, je sortais sur le balcon et levais les yeux vers la pâle Yamika.


Je savais que quelque part, mon père regardait comme moi la même silhouette nacrée avec au cœur la nostalgie d’une belle terre au pied des montagnes: alors je priais la déesse blanche qui nous voyait tous deux, de veiller sur lui et de lui trouver une voie sûre dans son manteau de ténèbres.


Je restais longtemps assis à contempler la nuit, ne cessant que lorsque ma mère venait enfin me chercher : un soir, elle s’assit à côté de moi, sa robe du soir légèrement ouverte pour profiter de la brise fraîche. Le bruissement lancinant d’un grillon nous berçait lentement, tandis que le hululement sonore d’une chouette résonnait dans la nuit. Tous ces sons, ces odeurs de pins et de fleurs auxquelles s’ajoutait le parfum de ma mère me semblaient plus vivants que les journées brûlantes que je passais à travailler ou à m’instruire.


Ma mère prit ma main dans la sienne.


« Yakima nous montre ce soir le même visage que lors de son départ…et il n’est toujours pas rentré… »


Il n’y avait nul besoin de préciser qui était « il ». Je savais qu'elle parlait de mon père.


Je serrais ses doigts frêles et graciles dans les miens.


« Il ne devrait pas tarder. Père n’est jamais en retard…Je suis sûr qu’il sera là demain matin pour nous saluer avant que les travaux de l’aube commencent. »


Mais le lendemain, seul un soleil rose et doré me salua lorsque j’ouvris les yeux.


Mon père n’était pas seul à me manquer. Mes cousins, qui étaient plutôt des frères pour moi, revenaient souvent dans mes pensées.


Le rire cristallin d’Akio et sa bonne humeur, le ton sévère de Funio lorsqu’il nous réprimandait…J’avais vécu toute ma vie à leurs côtés et ils étaient devenus pour moi, comme d’autres visages familiers, des repères fixes dans ma vie: cette première absence était synonyme de changements importants et semblait appeler la fin d’une vie que j’avais aimée pour ce qu’elle était :constante et heureuse dans l’ensemble. La pensée qu’un jour je puisse vivre ailleurs loin de ma famille me terrifiait et je brûlais de l’envie d’enfermer les années passées dans une sorte de bulle intemporelle qui existerait pour toujours à l’abri du changement.


Enfin, sept jours après la nuit du retour prévu, la bannière Kedowara apparut enfin au loin sur la route. Le ciel s’était chargé de chaleur pendant toute l’après-midi et le soir était maintenant obscurci par des nuages sombres annonciateurs d’orage. Sa vue me remplit de joie et je quittais mes camarades de jeu pour aller prévenir ma mère. Ijito, un de mes meilleurs amis m’emboîta le pas en me demandant ce que j’avais vu.


« C’est le Seigneur, il est de retour ! Tu ne vois donc pas sa bannière là-bas, sur la route ? »


Ijito fit un signe de dénégation en regardant la chaussée grise.


Je n’écoutais pas sa comparaison entre ma vue et un aigle et m’élançait sur la côte qui montait vers les maisons.


A mes cris, ma mère sortit en courant, le front inquiet.


« Qu’est ce qui se passe, Enaï ? »


Le seigneur, je l’ai vu ! il revient ! Ils sont de retour ! »


Ma mère sourit de bonheur et je lui souris en retour : je n’aimais rien plus que de la voir joyeuse. Je m’apprêtais à courir pour rejoindre la troupe des guerriers approchant et les saluer comme une armée victorieuse, mais ma mère m’interpella :


« Non ! Tu restes ici ! J’ai besoin de toi pour préparer le dîner, sinon ton père mangera des fruits secs ce soir. »


Un instant l’envie me prit de protester, mais contre l’expression impassible et immuable de son visage, je savais que je n’avais aucune chance. Je pénétrais donc à regret dans la maison et me dirigeai vers la cuisine.


Lorsque mon père rentra enfin après avoir rempli ses offices à la caserne, le Soleil avait déjà passé l’horizon et le ciel était maintenant tout à fait noir : les étoiles étaient voilées par les nuages et un vent fort se levait. Mon grand-père avait fait égorger un veau pour l’occasion et une odeur délicieuse de viande cuite et d’herbes emplissait la salle d’entrée.


Toute la famille vint l’accueillir en lui souhaitant un bon repos, mais père avait le visage voilé par la tristesse et nos acclamations moururent dans nos gorges à sa vue. Quelque chose me frappa immédiatement: il était seul.


« Funio et Akio…où sont-ils ? » dit ma grand-mère d’une voix anxieuse.


Mon père baissa les yeux et le tonnerre claqua dans l’air, se perdant en échos sur les reliefs du Nord. Le reste de la soirée me parut irréel, comme un cauchemar dont j’étais prisonnier: Mon père et mon grand-père se rendirent au château pour aller chercher les corps et les faire envoyer au temple. Ma mère, ma grand-mère et moi restâmes dans la salle du repas à pleurer un flot de larme qui semblait impossible à endiguer. L’orage grondait au-dessus de nous et le torrent forcissait sous l’ajout des pluies, mais j’aurais souhaité que le ciel se déchaîne encore plus pour exprimer pleinement le désespoir et la rage que je ressentais. La pluie descendit des montagnes et inonda les champs. A travers les éléments, je pouvais presque entendre les prières des prêtres du Dieu des Morts qui accueillaient mes cousins dans leur nouvelle demeure : regardant vers le temple dressé sur une petite éminence, je vis un brasier s’allumer malgré l’averse. Le bois mouillé hésita, puis finalement l’huile triompha de l’eau et une flamme énorme enfourna les deux corps. La fumée noire se perdit dans un ciel d’encre et la nuit prit un goût de larmes.


Le lendemain, je ne me levais pas lorsque l’Est s’embrasa: je ne me sentais plus aucune force, plus aucun goût, plus aucune envie de vivre. Ma mère vint me voir dès l’aube et resta longtemps à mes côtés. Elle me dit de ne pas rester par terre ainsi à ne rien faire et de me lever. Je la regardais de ma couche : elle était encore belle dans son chagrin : les yeux rouges et un sourire triste au coin de la bouche. Je ne voyais que des teintes de gris, pourtant le Soleil dorait ses cheveux. En la voyant ainsi courageuse devant la tristesse, une envie irrépressible de la serrer dans mes bras monta en moi. Je me levai et mis ma tête sur son épaule ; je crûs que sa réponse allait me briser les côtes et pris ses mains tremblantes dans les miennes. Dans un arbre proche, un moineau insouciant sifflait un air clair et sonore ; je levais les yeux vers les branches et vis sa petite silhouette baignée de lumière s’envoler dans l’air doux. Je priai les dieux pour que mes cousins trouvent comme lui le chemin vers la liberté et le bonheur.


La vie reprit finalement son cours. Le chagrin se transforma lentement en une mélancolie douce et poignante que l’on exprimait guère, de peur d’en souffrir.


Mes camarades étaient tristes aussi, mais leur peine passa vite. Voyant la mienne s’attarder, ils m’entourèrent le plus souvent possible de leur présence joyeuse. J’étais plein de gratitude à leur égard, mais parfois leurs rires et leurs voix me rappelaient tant Akio et Funio…


Mon père me dit un soir que je devais apprendre à vivre avec leur souvenir et que je devais me les rappeler avec plaisir, car ainsi ils vivraient éternellement en nous.


J’écoutai son conseil et me décidai à regarder vers le futur. J’ignorais si désormais le Seigneur choisirait que ma vie soit vouée à la caste des guerriers, mais au fond de moi mon désir était clair : reprendre les sabres de mes cousins et venger et les venger en servant le clan.


Cependant, l’été touchait déjà à sa fin que le seigneur ne m’avait pas encore appelé.


Un matin, en me rendant à la rivière pour chercher de l’eau, je remarquai que les arbres sur les hauteurs commençaient à dorer. A mon retour, j’en avisai ma grand-mère et elle me prévint que l’hiver serait rude cette année.


Rapidement, les journées se firent plus douces et de fines pluies ponctuèrent la saison des champignons.


Ces derniers se trouvaient sur les pentes boisées des montagnes, cachés dans les creux que forment milles petits ruisseaux au printemps : il fallait souvent un pied adroit et de bonnes jambes pour les atteindre et c’est pourquoi quelques jeunes et moi-même partîmes un jour vers les hauteurs du Yang-Tou.


Nous entamâmes l’ascension environ deux heures après le zénith, à l’heure où les prédateurs des bois font la sieste. Nous n’avions pas très loin à aller : peut-être trois heures de marche pour des pieds agiles comme les nôtres. Rapidement, le village rapetissa jusqu’à ce que les maisons prennent la taille de trous de souris. Au-dessus de nous, la voûte sylvestre dévoilait de temps à autre un soleil encore haut qui rayait les bois de bandes sombres et claires.


Je me souviens parfaitement que nous étions sept à partir ce jour-là : Il y avait Ijito, mon meilleur ami, qui avec un air bravache montrait le chemin aux plus jeunes. Trois jeunes garçons qui devaient avoir quatre printemps de moins que moi l’écoutaient avidement parler des esprits des bois. Derrière moi, deux apprentis du monastère de Takemoto un peu plus âgés que moi fermaient la marche tout en discutant des meilleurs coins à champignons. Pour ma part, je marchais en silence, écoutant les voix joyeuses et goûtant avec plaisir le parfum frais du sous-bois.


J’entendis un soudain éclat de rire et je vis Ijito s’appuyer contre un arbre en se tenant les côtes : je ne pus réprimer un sourire à sa vue et me surpris bientôt à rire sans motif. Ijito essuya une larme sur sa joue et annonça bien fort au groupe que nous irions jusqu'à l’autel de prière du col du Tigre avant ce soir. Je pinçais les lèvres en pensant que mon ami était capable de tenter un projet aussi fou sur un coup de tête et je bénis le Dieux Protecteur que deux de ses suivants fassent partie de notre groupe : sûrement feraient-ils entendre raison à mon fougueux compagnon s’il tentait cette folle ascension. Après quelques heures, nous arrivâmes sur un petit plateau déboisé chargé de rocs épars jadis tombés de la falaise qui nous dominait à l’Est. Au Nord, dans le fond de la clairière, le chemin continuait en montant ; tandis qu’à l’Ouest, une rigole descendait dans un petit vallon. Nous nous séparâmes en deux groupes à cet endroit. Les deux apprentis partirent vers le petit vallon à l’Ouest avec les trois jeunes garçons, quant à Itoji et moi, nous partîmes vers le Nord.


Dès que nous fûmes à quelques distances du champ de pierres, mon ami se tourna vers moi me lança:


« Eh, Enaï ! Ca te dirait de voir le plus beau panorama de la région ? » Ses yeux pétillants et son ton amusé ne présageaient rien de bon, rien que ma mère aurait approuvé ; j’avais un mauvais pressentiment mais comme toujours, sa bonne humeur faisait fondre ma résolution.


« Est ce loin ? » demandai-je.


Il secoua vivement la tête :


« Non, non ! Ce n’est pas loin. Et il y a même des champignons là-bas : comme ça les deux autres renards ne pourront rien nous dire, n’est ce pas ? »


« Fais attention quand tu parles des moines : il n’est pas bon de médire sur eux : ça porte malheur ! Tout ce que tu dis, un jour ils l’entendent. »


Mon ami leva les yeux au ciel et se mit en marche, je le suivis et nous quittâmes le sentier pour nous diriger vers la falaise que nous avions vu à l’Est du plateau. Il haussa les épaules en s’éloignant :


« Toi et tes superstitions ! La seule personne qui m’a entendu c’est toi et tu ne me dénonceras pas…De plus, ce n’est pas ma faute s’ils ont des têtes de renards ! » et il éclata de rire. Je ne dis pas mot, blessé par son manque de respect pour les deux religieux, mais il avait raison : je ne le dénoncerais jamais.


Autour de nous, la forêt devint moins bruyante. Les arbres feuillus se firent plus rares tandis que le parfum des pins venait de plus en plus souvent chatouiller nos narines. De nombreux insectes voletaient autour de nous dans l’air lourd de l’après-midi. Au loin, j’entendais le son étouffé d’une cascade. Après un temps qui me parut étonnamment court, nous arrivâmes au pied de la chute d’eau : l’air y était chargé d’une bruine fraîche qui rinçait nos visages couverts de sueur. Derrière nous, le Soleil était arrivé à la moitié de sa course descendante et ses rayons obliques venaient taper contre l’eau grondante : l’eau et la lumière se saisissaient en formant des milliers de paillettes d’or et d’argent auxquels se mêlaient parfois les feuilles topaze d’un arbre accroché à la falaise. A notre arrivée, un écureuil disparut dans les branches ensoleillées d’un hêtre dans un flamboiement de roux et d’or. Le spectacle m’arrêta net lorsque je le vis et Itoji parut ravi de mon expression ébahie :


« Alors, n’est ce pas le plus beau lieu de la terre que voilà ? »


Je hochais béatement la tête et vins me rafraîchir au bassin pierreux où chutait l’eau : pas une algue, pas un ver ne venait troubler la transparence de bassin : cette eau sortie tout droit des entrailles du Yang-Tou était d’une pureté incroyable.


Je m’assis un moment à écouter le chant de cette nature troublante et fermai les yeux. Ce lieu semblait enchanté : j’avais entendu un jour la légende d’une jeune fille tombée sous le charme d’une cascade et qui ne l’avait jamais quittée, ne sa lassant jamais de sentir sa caresse fraîche et pure, ni de chanter en chœur avec elle. Le mythe disait qu’un jour la jeune fille avait disparue mais que son chant s’élevait encore de l’eau claire. Prêtant l’oreille, je croyais entendre à travers le son de l’eau qui tombe la voix éternelle de la nymphe, s’élevant en une complainte languissante pour sa joie passée.


Finalement, mon compagnon vint me rejoindre et me tapa l’épaule avec un petit rire :


« Et alors ? Aurais tu oublié les champignons ? »


J’ouvris les yeux, surpris, mais il cherchait déjà parmi les racines proches les silhouettes rondes et blanches des Komio.


Nous partîmes chacun de nôtre côté, fouillant l’aval de la cascade la tête penchée : Itoji n’avait pas menti quant aux champignons : je remplis rapidement mon sac de petits Hako noirs et je revins rapidement au bosquet de la chute d’eau. Je ne voyais nul part mon ami mais décidais de l’attendre près du bassin.


Lorsque je passais les fourrés masquant la clairière au pied de la falaise, je sentis mon cœur s’arrêter de battre un instant :


penché au-dessus de l’eau et buvant avec calme, un énorme tigre se tenait non loin de moi. A la fois paralysé de peur et émerveillé par la créature, je restais debout à l’orée du bois sans pouvoir faire autre chose qu’observer le fascinant animal : sa robe était blanche comme la neige éternelle des sommets d’hiver et ses rayures me rappelaient la teinte bleutée des montagnes dans l’ombre du crépuscule. Ses formes musclées harmonieuses, sa tête large et rayée de lignes trompeuses au regard en faisaient une véritable vision de la perfection, digne fils de la déesse de la force et de la sagesse. Je priai pour que la créature sacrée s’éloigne sans me voir, mais malheureusement il savait sûrement déjà que j’étais là. Une fois sa soif contentée, ses yeux d’or se tournèrent vers moi et son regard rencontra le mien : j’étais l’homme et lui l’animal : j’étais la proie et lui le roi.


Tout commentaire est le bienvenu! : )


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Le Retour De L'ombre


Récits et Poésies    14 réponses

Guest, 27-10-2004, 11:37


Voilà la bête, soyez indulgents, il y a encore surement des fautes à corriger: mais ce sera sympa de me les signaler. : )


Le récit se passe dans la région de Marienburg, à une époque indéterminée après l'avènement de Sigmar, mais au moins après la prise d'indépendance du Wasteland. Ca parle de magie...entre autre.


Conseil: SI la longueur vous décourage, faites un rapide copier/coller sur Word et imprimez le. Ca se lit plus vite sur le papier.


Le Retour de l'Ombre


CHAPITRE 1


« Allez, debout là-dedans ! »


Un grognement sourd s’éleva de la masse informe enfouie sous les couvertures.


« Allez Karl, dépêche-toi, ton père est prêt à partir. Si tu veux vraiment aller avec lui à la ville il faut te bouger maintenant ! »


Le jeune garçon au cheveux blond allongé dans le lit souleva une paupière et aperçut sa mère qui poussait les contrevents de sa fenêtre, laissant ainsi rentrer dans la chambre la lumière grisâtre d’un matin automnal. Enfin, il se leva, l’esprit encore embrumé par le réveil brusqué.


Sa mère sortit de la chambre, il s’habilla rapidement, prit une vasque d'eau fraîche sur une commode et s'en aspergea la figure, l’eau glaciale acheva de la réveiller.


Karl se rendit alors compte que le Soleil était déjà levé. Et son père qui voulait partir à Marienburg avant l’aube! Ca allait être sa fête…Il sortit de la chambre et descendit l’escalier en bois quatre à quatre, il déboucha dans la cuisine, prit au passage le repas que sa mère lui avait préparé pour le voyage, lança un


« Au’evoir m’man ! » la bouche pleine de pain au miel et sortit de la maison.


Son père l’attendait assis dans la charrette, les rênes à la main. Le père de Karl était un grand homme, à la peau rougit par le soleil et aux cheveux bruns tirant maintenant sur le gris. Il arborait une barbe fournie qui était sa fierté et avait les yeux bleu-gris comme son fils. Karl sauta dans la charrette avant que son père ne lui fasse la moindre remarque à propos de son retard et enfila une cape de voyage d’un noir délavé par les intempéries qu’il prit à l’arrière.


« Désolé pour le retard, papa. »


« Désolé ? Ca oui, tu peux l’être ! Mais c’est auprès de ta mère ce soir que tu pourras être désolé, quand on lui annoncera qu’on est arrivé trop tard et que tout les bœufs étaient déjà vendus! Allez, on y va, sinon on aura même pas le temps d’aller boire un coup au « Bouclier Fendu ». Karl sourit, il aimait bien aller dans cette auberge : On pouvait y entendre des légendes, des histoires de marins, et pleins d’autres contes, même si il y avait parfois des bagarres, et elles étaient rares, l’atmosphère y était à la fête et la bière y était bonne.


Une petite visite au « Bouclier Fendu » était la raison principale pour laquelle Karl accompagnait son père au marché.


La charrette, tirée par le plus beau cheval de la famille, sortit enfin du petit bourg de Kerchenstern. Le village était situé tout près de la côte, à environ quinze lieues au Nord-ouest de Marienburg, entre l’estuaire au fond duquel se trouvait la ville et les montagnes grises. La route sortit d’un petit vallon entre deux collines et la charrette arriva dans la plaine qui s’étendait au bord de la mer. Celle-ci se trouvait à cent mètres à peine et un parfum iodé emplit bientôt les narines de Karl. Le temps était gris ce matin, froid et venteux. L’horizon au Nord était bouchée par des nuages noirs.


« Et bien, tu vois mon bonhomme, je serais pas étonné si on avait une bonne tempête ce soir, vu le ciel. Par Sigmar, faudra pas trop traîner ! Et ta mère qui est seule avec ta petite sœur…J’espère que Jonas les aidera à rentrer les bêtes… »


Karl ferma les yeux, entendant à moitié les grommellements de son père. Il s’assoupit bientôt, le vent sifflant toujours à ses oreilles.


« Karl ! On va arriver. »


« Hein ? Quoi ? »


« Réveilles toi, mon bonhomme, on arrive en ville ! »


Le père de Karl pointait le doigt vers le Sud. Karl regarda dans cette direction, et alors, scintillante sous le soleil, avec ses tours, ses remparts, il la vit. A chaque fois, cela lui faisait le même effet. La ville était toujours aussi impressionnante.


Karl entendit son père murmurer dans un soupir:


« Ah...Marienburg… »


Karl était déjà venu quelques fois dans la ville, mais jamais le jour du Grand Marché.


Pendant les jours précédents, un nombre incroyable de navires marchands étaient venu pour vendre leurs précieuses marchandises, il y en avait de partout, de Tilée, d’Estalie, de Bretonnie, de Barak-Varr, de Norsca et même un grand et beau voilier elfique d’Ulthuan.


Le port de Marienburg n’était plus qu’une forêt de toiles de toutes les couleurs.


A côté du port, se trouvait une grande place où une multitude d’étalages avaient été installés.


Tandis que son père s’adressait à un soldat pour demander son chemin, Karl dévorait des yeux ce spectacle impressionnant, se mettant à rêver de voyage et de terres lointaines, de trésors et de gloire…


La charrette se remit en mouvement, le père de Karl semblait préoccupé. Manifestement, la foule nombreuse n’était pas pour lui plaire, plus il y avait de monde, plus longtemps il mettrait avant de rentrer chez lui.


La vente était enfin terminée, Karl avait crû que cela ne finirait jamais, un marchand Tiléen avait fait des siennes et son père avait discuté du prix de légumes pendant une heure !


Il n’arrivait vraiment pas à comprendre comment son père pouvait supporter ça...Pendant toute la journée il n’avait eu qu’une envie, partir se balader dans la foule.


« Alors, papa ? Je peux y aller maintenant ? » La question avait été posée environ cinquante fois depuis le matin.


Le père de Karl soupira et s’assit sur une caisse de choux.


« Oui, vas-y, vas vadrouiller bonhomme ! On se retrouve au Bouclier Fendu dans une heure. Je m’occuperai de ranger ça tout seul. »


Il désigna la dizaine de cageots à ses pieds, mais Karl ne l’écoutait déjà plus.


Il s’engageât dans une rue perpendiculaire au port et commença à examiner les échoppes,


La rue large dans laquelle il se trouvait était certainement celle des forgerons. Une fumée dense sortait de plusieurs cheminées emplissant l’air d’une fine brume piquante et le bruit des marteaux agressait les oreilles des passants. Karl se dépêcha d’avancer, arrivant à une intersection, il prit à gauche dans une petite ruelle conduisant à une autre grande rue, puis il tourna à droite, puis à gauche…au bout d’une heure de promenade, Karl était arrivé dans une partie de la ville qu’il ne reconnaissait pas. Le soleil était tombé depuis peu de temps et seul une faible lumière bleuâtre éclairait maintenant les rues vides.


Soudain, Karl vit la taverne, il entra sans hésitation, s’installa à une table en attendant son père. Mais l’aspect de la taverne ne lui revenait pas. Il courut jusqu’à l’entrée…et s’aperçut que ce n’était pas le Bouclier Fendu, il avait mal vu l’enseigne dans la pénombre et s’était trompé. Karl gémit de dépit, la panique commençant à l’envahir.


Il fallait se rendre à l’évidence : il était bel et bien perdu.


« Vous allez bien, jeune homme ? »


Karl se retourna, un homme en cape noir et en bas bleus lui faisait face.


« Euh, oui,oui, merci, ça va. Euh, pourriez vous m’indiquer la direction du Bouclier Fendu, s’il vous plait ? »


L’homme sourit, dévoilant ses dents jaunâtres.


« Je vais vous y conduire si vous voulez, c’est ma direction. »


« Merci beaucoup, monsieur. Je ne connais pas très bien la ville et je crois m’être égaré, vôtre aide est la bienvenue. »


L’homme se dirigea vers une rue, Karl le suivit.


« …Vous semblez bien instruit, jeune homme, d’après votre langage. »


« Et bien, en fait mon père m’a éduqué lui même, il était sergent dans l’armée autrefois. »


Karl laissa là la discussion, l’homme ne lui plaisait pas, son aspect, son ton amical n’étaient pas naturels.


L’homme le conduisit dans une partie de la ville que Karl connaissait et il ne tarda pas à retrouver ses repères. Il réalisa soudain que l’homme ne le conduisait pas à la taverne, il semblait même s’en éloigner. L’homme s’engageât alors dans une ruelle, le jeune garçon le suivit sur quelques pas, puis s’arrêta.


« Monsieur, ce n’est pas le chemin du Boucl, Humpff ! »


L’homme venait de le bâillonné de sa large main. Karl jeta des regards frénétiques de tous les côtés mais il n’y avait personne. L'homme le tenait d'une poigne de fer.


« Tais-toi, morveux ! Alors le prince, t'a failli nous échapper, hein? Mais je t'ai reconnu moi! Tu pensais vraiment qu'on aller te laisser nous filer sous le nez comme ça? Avance maintenant, Cadavo nous attend.»


L'homme ne sembla pas remarquer l'expression de stupéfaction de Karl, qui continuait à se débattre. Il ne comprenait plus rien, pour qui l'homme en cape noir l'avait il pris? Il ne savait pas. Et qui était ce Cadavo dont il parlait? Toutes ces questions se bousculaient dans l'esprit du jeune homme et l'empêchaient.


« Mais tu va arrêter de bouger, oui ?»L’homme sortit une rapière de dessous sa cape et en menaça le garçon. Karl sentit ses jambes défaillir à la vue de la lame. La tête lui tournait. L'homme lui banda les yeux et Karl ne vit plus rien.


Karl avançait à tâtons, sentant la pointe de l’épée de l’homme dans son dos, il était terrifié…L’homme lui prit le bras pour le faire s’arrêter.


« Tu bouge, tu crie, t’es mort. Compris ? »


Il approuva de la tête et écouta, l’homme frappa à une porte, celle-ci s’ouvrit en grinçant et l’homme à la cape noire s’adressa à quelqu’un.


« ! Je l’ai trouvé ! Regardez! »


Une voix grave et autoritaire lui répondit :


« Voyons voir...hein? Mais qu’est ce que tu raconte, bougre de crétin d’abruti ! Ce n’est pas lui !! Tu t’es trompé ! »


Le kidnappeur de Karl sembla suffoquer.


« Qu…quoi ? Comment m’a tu appelé ? C’est moi qui sors dehors pour chercher le gamin, c’est moi qui fait le sale boulot ! Toi tu reste bien au chaud à l’intérieur à boire et à t’amuser, et tout ce que tu trouve à me dire, c’est ça ?? »


« Mais, par Sigmar, Antoine, arrête de hurler ! Ca va pas ? Tu veux qu’on nous repère, c’est ça ? Ce n’est pas ma faute si tu n’est pas capable de retrouver le petit morveux ! »


« Bon, de toute façon, on ne peut plus attendre maintenant, la Dame avait dit que l'on devait se faire discrets cette nuit...Alors finissons en, tuons ce gamin et partons... "


Karl n'arrivait plus à penser, le monde réel lui apparaissait plus distant comme si ce qui lui arrivait était le destin d'un autre, les mots de l'homme raisonnaient dans sa tête et venaient se superposer à une succession d'images et de souvenirs: des visages tendres, des rires, la douceur du foyer, le vent marin sur sa figure...La voix de l'homme à la rapière parvint aux oreilles de Karl...


"Adieu, gam...Surgl!".


Antoine avait rapproché son épée de la gorge du garçon, mais Karl sentit alors la pression de la main de l’homme sur ses épaules se relâcher, puis il entendit l’homme tomber à terre;dans le même temps, Cadavo avait poussé un autre juron et avait sorti son épée. Quelqu’un ramena Karl en arrière, le jeune garçon trébucha et tomba lourdement sur le dos, un sifflement aigu lui indiqua qu’un coup d’épée venait de le frôler. Karl retrouva dès lors tous ses moyens. Il s’attendait à recevoir une autre attaque, mais le bruit du choc des armes retentit alors, tandis que l'espoir renaissait dans son cœur. Il n'était pas mort. Le garçon venait de réaliser que quelqu’un était venu l’aider, et apparemment, il ne s’en sortait pas mal. Maintenant libre de ses mains, Karl retira le chiffon qui était devant ses yeux, juste à temps pour voir Cadavo se faire perforer le ventre par son mystérieux sauveteur. Cadavo poussa un cri étranglé et se raidit, son épée tomba à terre dans un grand bruit métallique.


Karl se laissa aller contre le mur derrière lui : il était épuisé…la sueur, malgré le froid naissant, coulait à grosse gouttes sur son front. Tout était aller si vite...


L’homme qui venait de tuer Cadavo, approcha du garçon tout en essuyant son épée à un pan de sa cape.


Karl pu alors observer ses traits. L’homme était grand, les épaules larges. Il portait une chemise blanche en lin fin sous une veste de cuir souple teinte en noir, ainsi qu’un tricorne sombre. L’homme se baissa vers Karl en lui tendant la main, passant un instant à la lumière d’une lune encore basse, dévoilant ainsi un visage barbu, est une peau ridé.


Le jeune garçon saisit la main de l’homme et le remis sur pieds.


« Ca va, petit ? Je sais pas si tu sais, mais c’est deux gaillards ne sont pas vraiment des gens fréquentables pour quelqu’un comme toi... Où sont tes parents ? Tu vis ici ? »


« Je, euh, mon père m’attends au Bouclier Fendu, je connais le chemin…mais en fait on est venu en ville pour le Grand Marché. »


L’homme barbu fit un signe de tête affirmatif, tout en regardant le garçon avec intérêt de derrière ses petits yeux plissés.


« Dis moi, comment s’appelle ton père, mon bonhomme ? »


« Johann ».


« Allons bon ! Johann Baker ? » Karl fit oui de la tête. « Ca alors ! Ce bon vieux Johann ! Il ne t’a jamais parlé d’un certain Resk Finrar ? Non ? Bah, finalement, ça ne m’étonne pas tant que ça. Ton père, c’est quelqu’un de franchement honnête, alors que moi… Bon, et bien je suppose que je vais t’accompagner pour expliquer à ton père, ce qui c’est passé, non ? En tout cas, on ferait mieux de filer maintenant, si une patrouille trouve ses deux là et moi à côté, …enfin, tu vois le tableau d’ici ! »


Karl sourit, la voix grave de Resk et son ton chaleureux lui redonnait confiance, et en plus il connaissait son père. Tout allait bien se passait…


Le gros barbu se redressa et se dirigea vers la sortie de la ruelle, Karl le rattrapa et tout deux s’en allèrent vers l’auberge.


La taverne apparaissait dans la nuit comme un havre de lumière et de gaieté dans l’obscurité de la rue. On entendait d’ici, les chants et les rires des marins en escale pour le Grand Marché et venus noyer une bonne partie de leur paye dans la bière et les jeux. Ce soir là, une troupe de nains de Barak-Varr particulièrement éméchée avait improvisé un petit orchestre s’accordant parfaitement avec les chansons à boire reprises en cœur par toute l’assemblée.


Lorsqu’il entrèrent, le père de Karl se leva et accouru vers son fils, pestant de colère, ses jurons furent heureusement couverts par le bruit ambiant.


« Mais nom de nom, où était tu passé ? Voilà une heure que je t’attends, et la nuit qui est tombé, j’étais mort d’inquiétude ! Tu n’as pas idée des dangers qui rôdent dans les rues la nuit. »


« Oh si, il a idée , et même plus qu’il ne lui en faut, à mon avis. » Resk venait de passer la porte et vint se placer à côté de Karl. Johann porta son regard vers lui.


« Resk !? Toi, ici !? »


« Oui, et ton fils peut remercier Sigmar que je me sois trouver dans les parages ! Mais posons nous d’abord quelque part, une retrouvaille d’anciens camarades, ça se fête ! » Resk héla le tenancier : « Barman, j’offre une tournée générale ! » La déclaration fut suivie d’une multitude de cris d’approbation et les chants et les rires reprirent de plus belle.


Resk, Johann et Karl allèrent s’asseoir un peu à l’écart de l’assemblée de façon à pouvoir parler sans crier. Une fois qu’ils furent installés et qu’une serveuse de forte corpulence leur ait servi trois bières bien fraîches, Johann prit la parole, ses yeux fixant tour à tour les deux autres.


« Bon, et maintenant, j’aimerais avoir quelques explications. »


Resk toussota.


« Hum. Eh bien, voilà :tu sais, Johann aujourd’hui, y a eu le Grand Marché, alors les dockers, ils avaient du boulot pour moi. Donc j’ai bossé jusqu’au soir, j’ai pris ma paye et j’suis parti vers la vieille ville pour trouver une taverne digne de ce nom, tu sais, pas comme celles qu’on trouve dans le quartier marchand où on te sert de la pisse de porc, pire que l’eau du port si tu veux mon avis, mais je connais une bo… » Johann fronçait les sourcils et le jeu de mot ne semblait pas le dérider. Resk reprit :« Euh, d’accord, j’fais court. Bref, je me dirigeais vers le « Vers des Mers » quand j’ai vu une vieille connaissance au coin d’une ruelle, ouais, j’te dis, ni plus ni moins que ce rat de Cadavo ! Je l’avais déjà vu à plusieurs reprises et la dernière fois, on était sur la même caravelle et il avait voulu me faire les poches et me faire passer par dessus bord. Forcé, je m’étais défendu mais j’avais quand même dû rentrer vers la côte à la nage, sans mon épée et sans ma paye !


Alors, bon voilà, je vois Cadavo au coin de la ruelle avec un autre gars qui tient un gamin avec la pointe de son rasoir.


Tu me corriges si j’me trompe, mon petit, mais j’suis sûr qu’ils te voulaient pas forcément du bien, non ? » Karl approuva. « Ouais, alors donc mon sang fait qu’un tour, je sors mon épée et j’me précipite sur eux. Je tue Cadavo et son pote, je relève le petit et, oh surprise ! C’est le fils de mon ancien camarade Johann ! Alors, j’me suis dit que c’était l’occasion de voir comment allait le sergent. J’ai conduit ton fiston ici et me voilà… Mais au fait, petit, comment ca se fait que t’étais avec ces deux fils de…enfin ces deux pirates ?»


Karl mis un petit moment à se rendre compte que l’on s’adressait à lui. La transition entre le danger et la gaieté de la taverne avait été si brusque qu’il n’arrivait pas à croire qu’il avait failli mourir et que deux hommes étaient mort sous ses yeux. Il avait le regard dans le vague et observait distraitement l’orchestre des Nains.


« Eh oh, bonhomme, réponds voyons ! »


« Hein ? Euh oui, oui. Eh bien, je me suis trompé de rue sur le chemin de l’auberge. J’étais perdu, j’ai demandé mon chemin… » Karl ne voulait pas avouer qu’il s’était laissé aborder par un inconnu ; hormis ce détail, il raconta tout ce qui s’était passé de son point de vue. Johann et Resk l’écoutaient avec attention.


Après son récit, Resk et Johann échangèrent des souvenirs du « bon vieux temps », c’est à dire, du point de vue de Resk, avant le mariage de Johann. Ils discutèrent de leur vie de tous les jours, que le monde est petit, que le temps passe vite, que la bière n’est plus aussi bonne qu’autrefois, etc.


Karl était épuisé et commençait à somnoler, l’assemblée s’était un peu calmée et les chansons avaient laissé place à des ronflements épars et aux beuglements de quelques marins qui se trouvaient dans un état d’ébriété avancé.


Johann se leva :


« Bon, et bien Resk, j’ai été ravi de te voir ce soir, même plus que tu ne le pense d’ailleurs ! »


« Ouais, allez, je vois que ton bonhomme est fatigué…Je dois rentrer au navire avant la deuxième heure de la nuit. Salut ! Et tu diras bonjour de ma part à ta femme ! A plus, petiot !


J’espère que tu seras plus frais la prochaine fois que je te rencontrerai ! »


« Adieu, Resk ! »


Resk sortit de la taverne.


Johann alla payer le barman avec les sous que Resk lui avait laissés et sortit à son tour en compagnie de Karl.


Au dehors, le temps avait changé pendant leur conversation. Surpris par le froid, Karl frissonna et rentra sa tête dans ces épaules, il sentit un contact froid sur sa figure : La pluie tombait dru, le vent soufflait fort et tourbillonnait dans la rue étroite, hurlant aux oreilles des passants.


« Alors bonhomme, j’te l’avais pas dit ce matin qu’on aller prendre une saucée ? Ta mère doit être morte d’inquiétude."


Karl et son père furent trempés avant d’atteindre la charrette. Johann paya le pauvre garçon au vêtement mouillés qui devait garder un œil sur les chevaux, monta et saisit les rênes, Karl s’installa à côté de lui, s’emmitouflant comme il pouvait sous les capes de voyage pour se protéger de la pluie.


Un garde les escorta jusqu’à la porte Nord de la ville. Johann connaissait le capitaine en faction et il avait accepté de lui fournir une petite escorte pour le retour: Avoir été sergent avait ses utilités.


En effet, le capitaine Schlimpffen les attendait à la porte avec quatre cavaliers armés de lance et portant tous une arbalète sur le côté de leurs monture. Vu le temps qu’il faisait ce soir, des pistolets auraient été inutiles. Ils étaient habillés de capes sombres les enveloppant de la tête au pied et portaient des torches allumées qui menaçaient de s’éteindre à chaque rafale de vent et jetaient des ombres mouvantes sur les murs du corps de garde.


« Heureux de vous voir, mon sergent. Comment vous portait vous ? » s’enquit le capitaine.


« Bonsoir, capitaine ! Eh bien, pour vous répondre franchement, je me porterai mieux quand je serai de retour chez moi au chaud…et au sec ! Et je pense que vous et vos hommes ne doivent pas en penser moins, n’est ce pas ? »


Schlimpffen sourit. « Alors, allons y, pendant que nos torches peuvent nous éclairer un peu. »


Le petit convoie se mit en marche et passa les portes de l’énorme corps de garde.


Au début du voyage, Johann et le capitaine discutaient un peu de la récente recrue d’activité des gobelins dans le Pays Perdu, mais la puissance du vent les découragea bientôt de poursuivre un dialogue sans crier pour se faire entendre. Au bout d’une heure de voyage, plus personne ne parlait, chacun se contentant de se protéger de la tempête et du froid mordant qui s’était installé depuis la tombée de la nuit. La pluie ne faiblissait pas et fouettait la moindre parcelle de peau découverte. Bientôt, les chevaux montrèrent des signes de faiblesse, leurs pattes ruisselantes tremblaient sous la pluie glaciale.


Karl ne voyait plus la route sous lui, il ne voyait plus rien en dehors de la lampe-tempête accrochée à la charrette à côté de son père. Il était trempé jusqu’aux os et tremblait de tous ses membres. Une forte envie de dormir s’empara alors de lui et il se laissa sombrer dans le doux réconfort du sommeil.


Karl rêve…Ce soir là, l’air est chaud et sec dans la cité, un vent fort souffle du désert tout proche, recouvrant toute chose d'une fine couche de sable. Karl marche sur une allée pavée de pierre lisse aux teintes chaudes. La nuit tombe, il est seul. Devant lui, se dresse un temple majestueux, soutenu de hautes colonnes gravées de glyphes sacrés. Karl les connaît par cœur. Les portes d’ébène et d’ivoire richement sculptées sont gardées par deux imposantes statues, de grands guerriers à têtes de chacals, armés de grandes lames courbes aux reflets dorés, menaçants et inoffensifs protecteurs de la demeure des dieux…Karl se dirige vers le temple, il tient dans ses mains un long sceptre noir, tel un serpent dressé, prêt à l'attaque. Karl se rapproche des portes. Le temple devient flou, sa vue s’obscurcit…


Un cri de terreur réveille Karl en sursaut. Il s’agite mais la main de son père le retient et l’empêche de tomber de la charrette, Karl se tourne vers son père, son visage exprime la crainte et la peur. Le jeune homme lui murmure dans un souffle :« Q’est ce que c’était ? »


« Je ne sais pas, Karl…Reste là, surtout ne bouge pas… »


La charrette était arrêtée. Karl s’aperçut alors que la pluie ne tombait plus, la tempête avait passée. Pourtant, au loin, des lueurs soudaines indiquaient la violence des orages. Ils étaient comme dans une sorte de bulle, où le temps n’avait plus court. La perception des choses lui semblait plus nette, Karl pouvaient maintenant entendre des cris étouffés, le souffle des chevaux, les battements de son cœur et au loin, dans le lointain, des voix dures, cassantes, dont l’accent agressait ses oreilles.


Karl ne voyait plus les cavaliers, ils étaient partis…


« Où est Schlimpffen, papa ? »


« Il est parti voir ce qu’il se passe, là-bas…Il devrait bientôt revenir. »


Quelques instants plus tard, un des cavaliers revint au galop.


« Des pirates, mon sergent. Des corsaires elfes ! Ils sont près de la plage, Schlimpffen croît qu’il vont attaqué le village. Un de nos cavaliers y est parti, mais il devrait déjà être de retour, on doit déjà se battre là-bas… »


Le cœur de Karl s’arrêta de battre pendant une seconde. La vision de son foyer brûlé, sa famille tuée…Le jeune homme se retint au bord de la charrette de peur de s’évanouir, il se tourna vers son père. Johann était resté de marbre, comme si la nouvelle ne l’avait pas heurté, mais on fond de ses yeux, Karl pouvait lire une détresse et une rage qu’aucun homme ne pourrait arrêtait. Son père prit la parole.


« Rappelle le capitaine, soldat. Dis lui de foncer au village, je viens avec vous. Quant à toi, Karl, tu vas me promettre de rester ici jusqu’à ce que…jusqu’à ce que je revienne…d’accord ? …Si nous ne revenons pas, prends un des chevaux, Gaer est le meilleur, et fonce vers Marienburg pour avertir l’armée. Demande à parler au capitaine Vannerhand, et dis bien que tu viens de ma part. D’accord ? Tu as compris Karl? Allez, soit fort, mon fils ! » Karl sentait ses jambes trembloter, il acquiesça de la tête, tentant d’assimiler toutes les choses que lui disait son père, il n’arrivait pas à parler, sa gorge était nouée. Son père prit le cheval de rechange de la charrette et partit avec le cavalier plus en amont sur la route, ils contournèrent l’épaulement d’une colline et Karl les perdit de vue dans l’obscurité.


Peu après, Karl vit des flammes s’élever de derrière une colline, c’était le village, des cris de douleur et de peur retentirent…Le jeune homme n’arrivait pas à se concentrer sur autre chose que sur les cris. Il n’y tint plus. Il prit les rênes de la charrette et se mit en marche vers le village, il allait sauver les habitants des griffes des pirates…


Peu à peu, le chariot prit de la vitesse, Karl ne voyait pas la route, mais il connaissait ses courbures par cœur et il arriva bientôt à l’entrée du village. Un groupe de guerriers aux armures noires et portant d’étranges capes se tenaient à une dizaine de mètres de lui, Karl fouetta les chevaux et chargea dans le tas. Les elfes tentèrent de s’écarter, mais ils se génèrent entre-eux: une demi-douzaine de corsaires furent piétinés et renversés. Les chevaux hennirent de peur, la charrette continua sa folle avancée. Karl ne voyait plus que des formes mouvantes tuant et se faisant tuées, les flammes des maisons jetant sur ce sinistre spectacle une lumière infernale. Soudain, un chevalier sur un étrange monstre reptilien, entra dans le champ de vision de Karl, les chevaux prirent peur et se cabrèrent, le cavalier tenta de s’arrêter mais il ne pu éviter le choc, il fut renversé. Les chevaux s’écroulèrent et Karl tomba de la charrette face contre terre. Quelques secondes plus tard, une gantelet de métal le saisit par la nuque et le releva. Le chevalier lui faisait face et éleva Karl au dessus de lui, le tenant à la gorge d’une seule main. . Karl ouvrit les yeux et son regard plongea dans celui de l'elfe, dont les yeux semblaient flamboyer à la lueur des flammes. Le jeune homme comprit alors deux choses, d'abord que l'être qui se trouvait en face de lui tuait pour le plaisir d'ôter la vie et ensuite que c'était de ses mains qu'il allait mourir. L’elfe s’adressa à lui dans la langue de l’Empire.


« Insensé ! Comment as tu osé t’en prendre à moi? Comment as tu pu ? » Karl essaya de s’échapper, mais l’elfe le tenait d’une poigne effroyable. Il ricana. Le ton de sa voix fit frissonner le jeune homme.


« Oh non, ne t’en fais pas mortel, tu ne vas pas mourir aujourd’hui, tu vas venir avec nous et je m’arrangerai pour que ta mort soit la plus lente possible. Jusqu’à ce que tu me supplie de mettre fin à ta pitoyable existence. Alors tu connai… »


Le chevalier interrompit sa phrase et repoussa Karl à terre, l’elfe sorti sa lame effilée en un éclair et contra juste à temps une attaque dirigeait contre lui par un soldat. Tout en tentant de parer la riposte du chevalier, l’homme cria à Karl.


« Fuis, Karl ! Le village est perdu ! Va à Marienburg ! Alerte l’armée ! Ton père et ta famille ont été capturés ! Fuis tant que tu le peux! »


Une série d’attaques vicieuses forcèrent l’homme à s’éloigner de Karl.


Le jeune homme perdit de vue le soldat et le chevalier et commenca à courir vers la forêt bordant le village, dans l’espoir d’échapper à l’attention des corsaires.


Alors qu'il passait sous l'ombre des premières branches, un carreau vint se ficher dans le tronc d'un arbre, juste à côté de Karl. Le garçon s'enfonçait dans les bois, courrant et trébuchant dans l'obscurité totale des sous-bois.


..........................


Le chevalier décapita le soldat, puis porta son regard vers le garçon.


"Il se dirige vers la forêt...stupide mortel...Toi, vite ton arbalète!" L'elfe s'était tourné vers un des pirates, le guerrier lui tendit l'arbalète. Le chevalier la prit et visa le jeune garçon; l'elfe retint son souffle et pressa la détente, le carreau parti mais le tir sembla dévier au dernier moment.


Le chevalier poussa un cri de rage et se tourna vers le guerrier à ses côtés: "Raaahh! Lancez les ombres à ses trousses! Je le veux vivant! Il ne dois pas s'échapper!"


"Que fait-on des autres prisonniers, Monseigneur?"


"Laissez en échapper un sur vingt, des blessées et des enfants...J'ai mes ordres. Emmenez les autres au navire, tuez les autres infirmes inutiles...


Karl avançait aussi vite que le lui permettait ses jambes et le terrain. Des racines noueuses et des ronces surgissaient à l’improviste sous ses pieds, le faisant trébucher souvent. Ses membres étaient douloureux, il était à bout de souffle, mais poussé par la peur d’être rattrapé et de mourir, il avançait toujours, jusqu’à ce qu’il tomba et que son corps refusa de se relever… Le jeune homme, épuisé, risqua un coup d’œil en arrière. L’obscurité était totale. Karl tenta de calmer son pouls résonnant dans ses oreilles et écouta. Il n’y avait pas un bruit, pas un frôlement, pas une branche ne craquait, pas une feuille ne bruissait…A ce moment, la lumière pale d’une demi-lune perça l’épais manteau de feuillage et Karl distingua alors des formes plus sombres à quelques distances qui se mouvaient avec rapidité et discrétion. Une vague de panique l’envahit. Il était découvert ! Ils l’avaient suivi! Karl se sentit comme paralysé, il voulait bouger, mais son corps semblait refuser l'effort.


A cet instant, Le jeune homme entendit une voix s’adresser à lui :


« Court Karl, vers la gauche, allez petit, court ! »


Karl obéit, se sentant envahie d’une énergie nouvelle. Les ombres derrière lui accélérèrent leur course. La voix continua de le guider:


« Bien, à droite maintenant. Oui... attention ! La branche ! Baisse toi ! Le jeune homme n'y voyait rien, son corps le faisait souffrir atrocement, mais il ne s'en souciait pas, autour de lui, il entendait des bruits de course, le sifflement de carreaux qui passaient au-dessus de sa tête et allaient se ficher dans les troncs des serrés de la forêt.


Attention, saute maintenant, vas y ! »


Karl sauta, il ne sentit pas le sol sous ses pieds mais son corps s’enfonça dans quelque chose de glacial. De l’eau ! il était dans une mare qui s’était formée dans une petite dépression.


« Avance à gauche, Karl ! A gauche ! …Stop ! Ne bouge plus ! Ton souffle ! Vite, sous l’eau !»


Karl n’hésita pas. Il ne savait pas d’où venait cette voix, mais quelque chose en elle, peut-être son ton ferme et serein, comme celle d’un vieux professeur à son élève, l’avait poussé à la suivre. Le jeune homme essaya de retenir sa respiration le plus longtemps possible.


Au dessus de lui, les ombres passèrent mais ne le virent pas, l’une d’elle s’approcha de la mare, puis enfin, s’éloigna …


« C’est bon, tu peux sortir de l’eau maintenant…Avance, la rive est tout droit. Il y a une branche pour te hisser. »


Karl ne pensait plus, il n’était plus que le jouet de la voix, mais il en valait bien mieux ainsi, car elle l’empêchait de céder à la panique. Le jeune homme se hissa sur la berge, il s’allongea dans l’herbe molle et, insouciant des dangers qui l’environnaient, sombra dans un sommeil profond, mais serein, permettant à son corps meurtri et à son âme troublée de récupérer.


Quand Karl ouvrit les yeux, un plafond de poutres de bois lui fit face. Le jour semblait levé et une lumière claire et fraîche baignait son visage ensommeillé. Karl s’attendit à entendre le son des cris de sa sœur au rez-de-chaussée, puis la voix de sa mère l’appelant pour le petit déjeuner, le son de ses pas dans l’escalier de bois…Mais le jeune homme jeta un coup d’œil autour de lui, une vague de désespoir l’emplit alors, tandis que les événements de la nuit passée lui revenaient en mémoire avec une horrible précision. Pendant un moment, Karl pleura en silence, maudissant le destin qui était le sien. Une envie d’oublier, de se délester de sa peine s’emparant de lui. Le jeune homme se souvint alors des paroles de son père. « Soit fort, mon fils… » Il fallait qu’il soit fort, qu’il cesse de pleurer, mais Karl ne pouvait pas, il n’y arrivait pas…La voix revint alors en lui et l’apaisa.


« Dors et oublies, Karl…Ne pense plus, tu es en sécurité…Dors jusqu’à mon retour…et oublies tes sombres pensées… »


Karl senti sa peine s’estomper. Il ferma les yeux et le sommeil l’envahit de nouveau. Il se laissa porté alors par le lent cours d’un fleuve de songes, se noyant doucement dans ses rêves bienheureux…


……………..


Karl avance vers le temple. Au dedans, il sait que la mort l’attend peut-être. Hekemre l’a prévenu, le temple est bien gardé. Karl n’est plus qu’à une quinzaine de mètre des portes.


Soudain, les statues de pierre bougent, quittent leur socle et viennent se placer entre lui et les portes. Karl brandit le sceptre, les statues semblent hésiter…Le temple, à nouveau, devient flou.


« Karl, revient à moi, quitte tes songes, laisse les, revient à moi…Je suis revenu…»


Karl ouvrit les yeux, il sentait encore le vent chaud du désert sur sa figure une seconde auparavant. Le passage brusque du rêve à la réalité le déstabilisa, il resta quelques secondes à réfléchir, tentant de mettre de l’ordre dans son esprit. Enfin, il regarda à sa gauche, un mur de bois avec une fenêtre, puis à sa droite, un tabouret avec une tasse fumante posée dessus, plus loin dans la petite chambre, un feu de bois dans une cheminée de pierre grise. Une table en bois brute, deux chaises de même aspect. Puis son regard vint au vieil homme qui se tenait assit aux pieds du lit. La lumière du Soleil de la fin de matinée tombait sur son visage et le faisait ressortir sur le reste de la pièce, plus sombre. La première chose que Karl remarqua fut son regard. Les yeux du vieil homme, derrière ses paupières un peu bridées, en disaient plus long sur lui qu’une vie passé en sa compagnie. Ils reflétaient la bienveillance mais aussi la sagesse et le savoir qu’apporte les années. L’homme avait le teint halé et la peau ridée, ses cheveux ,longs et d’un gris de cendres, descendaient en cascade sur ses épaules, il portait une robe gris bleu à laquelle le soleil donnait des reflets argentés. Le col de la robe se dissimulant sous une barbe mi-longue que le vieillard lissait machinalement.


Karl, après avoir examiné le personnage, lui dit enfin :


« Qui êtes-vous ? »


«L’homme sourit, plissant les yeux.


« Je me nomme Ulghuran, bienvenue dans mon humble demeure, Karl de Kerchenstern. »


Si vous voulez que je psotes des passages plus longs ou plus courts...DItes le moi. ; )


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