Citation :
Il y a 13 heures, L`Eternel a dit :
Je croyais que la théorie de la lithopanspermie était plutôt favorablement accueillie et agrée par la communauté scientifique ?
Vu les gants pris par cet article, j'imagine que ça dépend encore des spécialités scientifiques ;)
Je me souviens du débat sur la part génétique du Neandertal dans le génome de l'Homo Sapiens (l'intuition louait semblablement une Nature finalement pragmatique, ça paraissait avoir peu d'enjeux sinon glorifier le résultat...). : amha, l'étape de cet article en est donc à prévenir de passer d'un dogme à un autre, d'éviter de recourir à un TGCalien (comme nous on a un TGCM ;) dès qu'on tombe sur un truc chelou comme la pieuvre, qui nierait alors toute nécessité d'une curiosité scientifique (tout financement ;)
Le fond de l'article, la Vie est un puzzle non plus terrien mais galactique, qui remélange cependant ses pièces de façon continue, voire quotidienne, est alors assez vertigineux.
D'une part, la panspermie ainsi bien plus active s'apparente dès lors à un système de sauvegarde (chaque planète abritant la Vie n'est plus qu'un serveur redondant) : donc la Vie existe *évidemment* ailleurs (faut donc s'y préparer plus que de la chercher, y compris génétiquement).
D'autre part, passer d'un système terrestre fermé à un système interplanétaire ouvert, avec des rétrovirus capables de s'implémenter à notre paysage génétique en toute discrétion, laisse bien des surprises à venir parmi les intrants (et c'est difficile de se défendre de trucs qu'on ne connaît pas. A long terme, sont-ils même à considérer comme "dangereux" ?).
A rapprocher toutefois du massacre actuel de la biodiversité, qui rend les règnes terrestres moins aptes à la dilution (ajouter deux pièces de puzzle tombées d'orbite à seize millions de pièces locales n'a pas le même impact potentiel que lorsque ce matos indigène s'est réduit à 16 000 pièces), donc le pool terrestre perdrait actuellement en "productivité", tolérance d'intrants et expulsion d'extrants.
Je glisse ici un oubli de l'article : notre influence d'extrant. La Terre dissémine dans l'espace au même titre que d'autres planètes telluriques, adressant du matériel parfois chargé qui s'agglomèrera en astéroïdes et comètes dans le grand bal gravitationnel. Nos microbes, nos gènes (ou autres, qui sait ce que les habitants de Pompéï jetaient dans le Vésuve ;) colonisent peut-être déjà d'autres mondes.
J'en oppose à nouveau le propos d'<span><a contenteditable="false" data-ipshover="" data-ipshover-target="<___base_url___>/profile/19709-egill/?do=hovercard" data-mentionid="19709" href="<___base_url___>/profile/19709-egill/">@Egill</a></span> : l'Univers est donc en nous, et nous sommes une petite part de l'Univers, mais que l'un et l'autre se fichent la paix ne se constate pas du tout comme but du Jeu.
Peut-on pour autant en déduire un degré d'utilité, qui nous assurerait un avenir proactif dans le Jeu ? Philosophiquement, est-ce déjà une perpétuation, l'Homme, du moins le terrien, a-t-il déjà gagné sa vie éternelle ? (les craintes de l'article quant à son impact sur les religions est ici patent).
Donc, si on veut réunir les pièces, au moins les connaître, et lire le puzzle (moteur de la science), la seconde hypothèse de cet article, un pool cosmique réduit de gènes nomades, est plutôt rassurant.
Notamment si ce pool généralise par exemple la bilatéralisation des organismes (au détriment des éponges ou autres disques mous, créatures "logistique"), s'appuie sur la photosynthèse généralisée comme les algues vertes qui ont donné toute la végétation terrestre, et ne fait que toujours recomposer les mêmes outils anatomiques en une plasticité simplement adaptée à des environnements 3D, surfzce-altitude (Aarhenius) toujours en mouvement. Tout ça dessine en creux des mondes aliens plutôt ressemblants au nôtre (dans nos propres limites d'extravagance : la pieuvre etc., mais aussi de fonctionnement systémique : la prédation (pain béni d'Hollywood, comme de la militarisation prochaine de la Lune ;(
Que le nombre d'exoplanètes cousines augmente n'est ainsi pas une surprise, mais désormais une voie *naturellement* tracée.
L'article prône donc à la fois un bouclier : traquer les anomalies darwiniennes dans le pool terrestre (voire quasiment mettre des chaluts en orbite ou dans les vents solaires pour intercepter des bouts du Truc), avec cette volonté forcenée de décrypter le bouquin de règles (RTFM !), avec un accent sur la virologie (car peut-on désormais parler d'un patrimoine terrestre, même dès lors d'étape ? Faut-il le défendre de l'extérieur comme une IP, et ainsi le faire stagner, cf des dérives comme "VIH = jugement de Dieu", ie sanction de la Nature, qui trie continuellement, sans pour autant préciser pour aller où, trouver quoi ? (c'est cynique mais le VIH et d'autres ont fait progresser la virologie, la génétique, l'immunodéficience etc.).
Et une épée : si l'interaction endogène-exogène est ainsi entendue comme *normale*, si la nouvelle règle du jeu est que des implants extraterrestres rebrassent périodiquement, mais au hasard, notre pool local, alors pourquoi attendre que la panspermie fasse des OGM quand on peut les faire soi-même ? (Welcome le maïs transgénique ! La sélection naturelle "accompagnée" était déjà l'argument de Montsanto).
A l'extrême de la SF prospective, le film Titan (qui adapte génétiquement des astronautes à l'environnement de Titan avant de les y envoyer) est à ce titre glaçant du degré de responsabilité que nous laisse progressivement le Jeu à mesure qu'on en découvre les règles (à rapprocher du Libre Arbitre mortifère promis par les principales religions monothéistes).
Enfin, augmenter ainsi le plateau de jeu de la Sélection Naturelle, voire donc de l'Evolution (si on en tire cette conclusion d'un bouquin de règles désormais plus épais), ne renseigne toujours pas sur le but de ce jeu (sinon, pour l'article, de nous rendre plus humbles, plus "roue de secours" ;) Après tout, la colonisation d'un autre monde, ce n'est qu'un intrant massif, une accélération de l'échange (un rush, chez nous wargamers ; simplement une des manœuvres du jeu dont le gain n'est encore que celui de Coubertin : l'important, c'est de participer).
Si il y a un orgueil humain (et j'y crois : sapiens veut dire savant, donc curieux, et notre passé avant même d'être une Histoire a atteint depuis longtemps le rôle de masse critique poussant à la préservation de son souvenir), il n'attendra pas, comme roue de secours, la crevaison d'un autre.
Pour continuer l'enquête, s'extirper d'un slot Terre où on ne jouerait que sur la défensive, il n'y a donc pas à chier : faut... migrer vers l'ailleurs ;)
